L'autre jour, mon chum est arrivé de son cours à l'université - je pense que ça s'appelle un séminaire maintenant - l'air fatigué. Il me dit : « Je déteste ça parler en public. Je deviens nerveux et je dis n'importe quoi. Je pense que tout ce que j'ai dit en classe n'avait ni queue ni sens. »
Je le comprends parfaitement. Quand j'étais étudiant au secondaire, j'étais terrifié par les exposés oraux. Je ne dormais pas pendant des nuits. Devant la classe, je tremblais, je sentais l'angoisse monter, comme si j'allais m'évanouir. Dans ces situations-là, je ne pense qu'à une chose : le moment de la délivrance. Je l'attendais avec impatience, le moment où je concluais l'exposé. Je n'entendais même pas les applaudissements des autres élèves. Je retournais m'assoir. J'étais vidé, comme on dit. Et un exposé durait quoi, 10 minutes. Au maximum. Mon chum a déjà parlé pendant 3 heures dans un de ses "cours". Je ne sais pas trop comment il fait. Mais ça l'épuise, ça c'est sûr. Mais moins que moi.
Dans mon cas, je pense que les psychologues diraient que je souffre de « phobie sociale ». Peut-être mêlé à un sentiment d'infériorité vraiment trop fort. Du moins, selon leur DSM-IV, la bible du psychologue diplômé. Dans mon livre à moi, je nomme ça de l'angoisse incontrôlable. J'ai essayé, mais il n'y a rien à faire. J'ai trop peur des foules, du monde, des regards interrogateurs, de l'attitude snob et mondaine ; bref, de tous ces gens qui semblent 10 fois plus intelligents que moi. Je préfère vendre des livres, faire lire la pensée des autres, plutôt que de dire la mienne, parce qu'au fond, c'est plus facile ainsi. Pour moi.
Mon chum est allé se verser un rhum and coke dans sa chambre. Il prend ses études trop au sérieux, selon moi. Il est trop influencé par les commentaires et le jugement d'autrui, de ses collègues, et par les évaluations de ses professeurs. Je me demande si les autres étudiants sont tous pareils.
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